L'Empire d'Aderigan

En Aderigan, chaque homme est libre... Au détriment des autres.
 
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 Tàri Ancalimë

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MessageSujet: Tàri Ancalimë   Sam 24 Nov - 21:37

Elle marche. Le vent s’arrête, les oiseaux stoppent leur vol pour se poser sur la branche la plus proche. Elle marche, et sur le chemin, les passants serrent leurs mains calleuses et burinées autour de leur maigre habit, pour se protéger du froid étrange qui semble accompagner la silhouette sombre. Une longue cape tombe sur de maigres épaules, recouvrant toute sa frêle corpulence, jusqu’en bas. L’ouverture de l’habit, au devant, laisse passer de longs bras blanchâtres, mais finement musclés, qui se balancent au rythme de sa marche. Les mains recouvertes de mitaines de cuir noir tiennent les pans de tissu, pour l’empêcher de voler derrière elle. Des mèches de cheveux couleur nuit dépassent de son capuchon, masquant de leur grasse épaisseur le teint diaphane de sa peau. Grande et élancée, elle ne parvient pas, malgré de nombreuses précautions, à passer inaperçue dans la foule indistincte de gens qui se rendent à Aderoïc. Les gens jettent des coups d’œil circonspects à cette silhouette hostile, qui semble dégager une hostilité profonde. Mais surtout, leur œil crédule s’arrête sur son dos, déformé, malgré la cape qui recouvre son être. Ils ne savent pas, ils ont peur...
Ces idiots. Tàri ne s’arrête pas. Pourtant, tous ses membres la démangent, la dague qu’elle cache chante, elle veut pénétrer cette chair, elle veut sentir le sang couler sur le métal brûlant. Mais pas maintenant.
L’heure viendra...
Pour le moment, il lui faut gagner la capitale. Elle doit connaître les lieux, pour préparer et planifier parfaitement le moindre détail de sa vengeance.
Enfin, les grandes portes. La foule se disperse au travers des diverses entrées pour gagner la citadelle. Tàri rabat un peu plus sa capuche, masquant la totalité de son visage déformé par une profonde et ancienne haine. Observant de ses yeux plus noirs que les ténèbres chaque place, elle se dirige vers la bouche la moins fréquentée, insalubre et tenue par deux gardes, au garde-à-vous.
La cape déchirée virevolte au niveau de ses chevilles. Son pas est vindicatif. Pourtant, à chaque mètre qui la rapproche des gardes, une profonde nausée la prend. La vue de tant de gens tournés vers la lumière l’insupporte.


-Voyons... T’es même pas capable de supporter ces larves, Tàri ?

- Laisse-moi...
-Je peux pas, c’est bête, hein ? Aurais-tu oublié que je suis toi, et que tu es moi ? Nous sommes inséparables, Tàri, tu le sais.
-Tais-toi, tais-toi...
-Dommage...Tu vas devoir attendre...

Ses mains se crispent, elle sent que l’autre prend le contrôle. Alors, aussi discrètement que possible, elle tourne les talons, et s’enfonce dans les sous-bois qui environne les alentours de la citadelle. A présent, elle coure, faisant craquer les branches, les doigts crispés sur son cœur. L’autre lui fait mal, elle veut prendre le contrôle...Non...pas ça...Trop souvent, pas maintenant...

-Non, ne fais pas ça !
-Je vais me gêner...

Tàri tombe à terre, révulsée. Sa cape ondule, les attaches se défont, et le pan de tissu sombre et déchiré tombe sur le lit de feuilles mortes...
Deux ailes noires...plus noires que ses yeux... dépassent de son dos, passant au travers de la tunique par deux larges taillades. Les membres repliés se déploient lentement, atteignant une envergure de deux mètres. Elle se tient la tête dans les mains, à genoux sur le sol boueux, et pousse un long cri, qui se répercute dans les arbres...
Résister à l’autre...
L’empêcher de prendre le contrôle de leur corps unique...
Résister...
Trop tard.
Tàri relève la tête. Ses yeux ne sont plus que deux minces fentes dans lesquelles on aperçoit l’incendie de son âme, rouge sang et noir sale. A la commissure de ses lèvres, un sourire machiavélique et mauvais se dessine. Elle se relève, et fait jouer les muscles de ses bras laissés nus par la tunique. Alors éclate un rire glacial, dont l’écho profond se perd entre les arbres...
Tàri a été vaincue par Sareyn. Une seule et même personne. Et pourtant deux mentalités totalement divergentes...
Elle ramasse la cape, puis hausse les épaules. Regardant les ailes qui dépassent dans son dos, véritables membres d’une puissance inimaginable, Sareyn sourit à nouveau. Brasse l’air.
S’envole, forme noire dans le ciel gris de l’automne.

Quelques minutes plus tard, elle atterrit, non loin de la civilisation, aux ultimes frontières qui la séparent de cette ville qu’est Aderoïc. La cape qu’elle tient dans les mains recouvertes de mitaines semble flotter, tant l’air remue. Sareyn replie délicatement ses ailes, les plaque contre son dos, le sang coulant le long des deux entailles qui percent sa peau. Au moment de repasser la cape sur ses épaules, Tàri tente une ultime offensive...


-Vas t’en, Sareyn !
-Je t’ai pas demandé ton avis. Alors tu restes bien sagement dans ton coin, et tu me laisse agir, maintenant que c’est moi qui contrôle ce corps.
-Non !

Elle plie les genoux, la tête agitée de spasmes nerveux. Sareyn et Tàri, un seul corps. A celle qui le conserve le plus longtemps. Les ailes, sous la cape, s’ouvrent brusquement, déchirant le tissu qui les recouvre aussi facilement qu’une dague. Trop près...elle est trop près...On peut la voir.
Les quelques rares passants qui viennent par cette entrée de la ville la contournent, apeurés par cette forme ailée, au bord de la route, qui semble agitée de convulsions extrêmement dangereuses.
Tàri se relève, péniblement. Sareyn est hors de combat, pour un moment. Il lui faut profiter de ce moment pour entrer impunément dans la cité.
La cape hors d’usage lui sert à éponger la sueur qui lui couvre le front. Puis, tentant d’oculter les regards terrifiés des paysans devant sa paire d’ailes noirs, Tàri s’avance vers la bouche la moins fréquentée, vers les soldats.
Ceux-ci brandissent aussitôt leurs lances en sa direction, et lancent à l’unisson :


-Halte, qui va là ? Qui êtes-vous ?

Forte de cette puissance de terreur qu’elle sait répandre, la jeune fille déploie ses ailes d’un mouvement gracieux, et pétrifiant. Leur ombre se projette sur les soldats, tandis que les membres fouettent l’air, d’un mouvement agacé. Tremblant, un des soldats lâche sa lance, et Tàri répond :

-Vous n’avez pas à le savoir. Laissez-moi passer.


Les gardes s’écartent, les yeux fixés sur la paire d’ailes ténèbres qui passe devant eux.

Tàri Ancalimë entre dans Aderoïc.
Méfiante...car elle sait que Sareyn était en train de déteindre sur elle...
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Tàri Ancalimë
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